Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours professionnel ?


Mon parcours a commencé par une formation d’ingénieur généraliste à l’ICAM. J’ai ensuite très tôt choisi de construire mon parcours professionnel en Afrique. J’ai rejoint Somdia au sein de SUCAF Côte d’Ivoire, où mes premières fonctions m’ont permis d’intervenir sur une grande diversité de sujets techniques et industriels.

J’ai évolué au sein d’une équipe particulièrement expérimentée, dans un environnement où la transmission des savoir-faire et la confiance accordée aux jeunes collaborateurs occupent une place essentielle. Cette culture, profondément ancrée chez SUCAF Côte d’Ivoire et au sein du groupe Somdia, m’a permis de prendre rapidement des responsabilités et d’acquérir une solide expertise de l’industrie sucrière et de l’ensemble du processus de transformation de la canne à sucre.

J’ai ensuite évolué vers des fonctions de direction d’usine, de gestion de projets et de pilotage des activités industrielles, en Côte d’Ivoire comme au Cameroun. Ces différentes expériences m’ont permis d’élargir progressivement mes responsabilités et de développer une vision globale de l’activité, des opérations sur le terrain jusqu’aux projets menés à l’échelle du groupe.


Quel est votre rôle actuel au sein de votre entreprise ?


Aujourd’hui, ma mission principale consiste à accompagner les sucreries et les distilleries du groupe Somdia dans l’amélioration durable de leurs performances industrielles.

Je pilote la performance industrielle des différents sites, les accompagne dans leurs orientations techniques et les aide à anticiper les difficultés susceptibles de survenir pendant les campagnes sucrières. J’interviens également sur les projets d’investissement et de développement industriel, depuis leur définition jusqu’à leur mise en œuvre.

Mon rôle consiste ainsi à apporter une vision globale et à accompagner la progression des sites sur les plans technique, économique, énergétique et environnemental. Cette dimension de développement et d’accompagnement des équipes est l’un des aspects que j’apprécie particulièrement dans ma fonction.


Pouvez-vous nous présenter votre entreprise et les types de solutions que vous concevez pour la filière sucrière ?


Depuis plus de cinquante ans, Somdia développe des activités agro-industrielles avec et pour l’Afrique. Nous sommes présents en Afrique centrale et de l’Ouest, où nous produisons notamment du sucre, de l’éthanol, du gritz et des farines de maïs, de l’alimentation animale ainsi que des poussins d’un jour issus de nos couvoirs.

Notre rôle ne se limite pas à produire. Nous cherchons à répondre aux besoins des populations et des industries locales, tout en contribuant à la souveraineté alimentaire des pays dans lesquels nous sommes implantés. Cette présence locale et durable est au cœur de notre manière de travailler et nous permet de rester proches des réalités du terrain.

Pouvez-vous partager un projet ou une innovation récente dont vous êtes particulièrement fier ?


Je suis particulièrement fier du travail mené autour de nos deux distilleries, aussi bien dans leur réalisation que dans leur mise en exploitation. Au-delà de cette réussite, nous avons su développer et maîtriser rapidement un nouveau métier, avec des standards élevés en matière de qualité, de sécurité et de performance.

Nous travaillons également sur plusieurs projets de diversification et d’efficacité énergétique, notamment le déploiement de centrales photovoltaïques et le développement de centrales biomasse. Ces projets constituent des axes stratégiques majeurs pour accompagner nos développements industriels et agricoles, tout en renforçant les performances environnementales de nos activités.


Selon vous, quels sont les défis technologiques ou industriels majeurs de la filière canne à sucre aujourd’hui ?


Le marché mondial du sucre est fortement influencé par de grands producteurs comme l’Inde et le Brésil. Dans un contexte où les cours sont orientés à la baisse depuis plusieurs années, notre principal défi est de rester compétitifs tout en maintenant des standards élevés de qualité ainsi que des pratiques sociales et environnementales exigeantes.

La filière doit également s’adapter aux effets du changement climatique. Pour renforcer la résilience de nos activités, nous travaillons sur la diversification de nos productions, l’amélioration de notre efficacité énergétique et une meilleure valorisation de nos coproduits. L’objectif est d’utiliser au mieux toutes les ressources issues de la canne, dans une logique d’économie circulaire, afin de mieux maîtriser nos coûts de revient, de développer de nouvelles activités et de renforcer notre performance environnementale.


Quel rôle ou quelle implication avez-vous au sein de l’AFCAS ?


Je participe au groupe de travail sur les questions industrielles mis en place par l’association ainsi qu’aux sessions d’échanges informelles organisées autour de problématiques communes à la filière.

J’interviens notamment sur des sujets liés à l’intégration de nouvelles technologies, à l’évolution des procédés et à l’efficacité énergétique.


Que pensez-vous de la relance de l’AFCAS ?


La relance de l’AFCAS est une initiative que je soutiens avec beaucoup d’enthousiasme. L’AFCAS constitue un espace privilégié d’échanges entre les acteurs francophones de la filière sucrière.

Il est important de pouvoir partager nos expériences et nos problématiques dans un cadre non concurrentiel. Ces rencontres favorisent les échanges de bonnes pratiques, permettent de découvrir de nouveaux acteurs du secteur et contribuent à élargir nos perspectives.